Je ne parvenais pas à contribuer pleinement

J’ai ENFIN décidé de faire une pause dans l’enseignement. J’ai fait le choix de quitter les élèves, de quitter la matière (de cœur) que j’enseignais. Cette décision ne fut pas facile à prendre. Loin de là ! Il m’a fallu plusieurs années avant de dire « STOP, ça suffit ! ». D’abord un temps partiel qui me permettait déjà d’apporter un mieux-être aux enfants et aux jeunes que j’accompagnais. Puis vint le moment du mi-temps. Mais hélas je ne parvenais pas à contribuer pleinement. Je décidai alors de sauter le pas. De lâcher le trapèze (des bisous à ma super collègue d’Arts Pla 😉 ), de sortir de ma zone de confort (pas si confortable). J’ai donc fini par demander ma mise en disponibilité (c’est quand tu démissionnes pas, que tu es encore prof mais que tu n’as pas d’élèves et que tu n’es plus payée 😉 ).

L’école, un système où l’air est irrespirable

J’ai choisi de quitter ma fonction d’enseignante pour œuvrer autrement dans le monde (de l’éducation). Je n’en pouvais plus. J’étouffais dans ce système. Quel système ? Je vous invite à lire par exemple « Cas d’école » de Michel HUTT ou « Il aurait pu être bon élève » de André Agard-Maréchal et vous comprendrez. Ou continuez à suivre ces Mots du Coeur (en vous inscrivant à ma newsletter) que je vous partage, et vous comprendrez. Un système où l’air est irrespirable, où de nombreux êtres humains étouffent sous la pression. Une école où je ressentais (et c’est encore le cas), je voyais beaucoup de mal-être, de souffrance. Des élèves en difficulté avec l’attention, la concentration, les émotions, la relation, la confiance. Des élèves à qui l’on demande d’apprendre mais à qui on n’apprend pas à apprendre. Faute de temps. On ne peut pas tout faire. Faut bien tenir le programme ! Les fondamentaux d’abord (français, maths, histoire)…

Ok, tout ça c’est important mais encore faut-il pouvoir y accéder à cette connaissance.

Comment je fais quand j’ai mal à l’intérieur et que je ne sais pas le dire ?

Comment je fais quand mon cerveau dysfonctionne et que je n’y arrive pas ?

Comment je fais quand mon corps à besoin de bouger pour apprendre et que je suis attaché là à cette chaise entre quatre murs des heures durant ?

Comment je fais quand je suis rabaissé, humilié par d’autres qui me jugent ou ne me comprennent pas ?

Comment je fais quand je dois suivre et apprendre des cours qui ne m’intéressent pas ?

Comment je fais quand je dois uniquement faire par obligation ?

Comment je fais quand j’ai si peu d’espace de liberté ?

Comment je fais quand je ne peux pas exprimer ma créativité ?

Je ne savais plus comment motiver mes élèves.

Je suis là au bord de la mer. Mes collègues eux se retrouvent autour d’un café-croissant, échangent rapidement sur leurs vacances déjà lointaines et sur l’emploi du temps peut-être pas à leur goût. Je n’y suis pas à cette rentrée des profs. Pas comme ça en tous les cas !

J’ai fait le choix de faire ma rentrée des profs les pieds dans l’eau, de sentir ce parfum iodé pénétrer mes narines. Je me sens ici pleinement vivante. J’étais une morte-vivante qui avait perdu le sens. Je ne savais plus comment motiver mes élèves. Je ne les comprenais plus. Je ne savais plus qui j’avais en face de moi. Il était vital pour moi d’aller trouver des réponses à tous mes questionnements. Pourquoi mes élèves n’aimaient pas apprendre ? Quand avaient-ils perdu leur motivation ? Comment les aider à gagner en confiance ? Je savais que je n’avais plus le droit de rester là face à ces élèves/adolescents sans savoir à qui j’avais affaire. Après 20 ans d’enseignement, je ne les comprenais plus. Je ne savais plus comment vivre avec eux, comment transmettre.

J’ai décidé de faire une pause pour revenir à l’essentiel : la présence à ce que je vivais. J’étais en effet devenue un zombie. J’étais là sans l’être. Mon corps était présent mais mon esprit était ailleurs. Je ne savais plus où j’étais, qui j’étais et avec qui je vivais. La souffrance était omniprésente. Je souffrais et je voyais souffrir autour de moi : les élèves, les collègues, toujours sous pression, en quête de reconnaissance. Des parents perdus ne sachant plus quoi faire ni comment faire pour accompagner au mieux leurs enfants. Le sens à donner aux notes, aux bulletins, à la compétition, à la réussite scolaire…

J’ai fait le choix de perdre mon poste pour être activatrice de joie à l’école

Aujourd’hui j’interviens autrement dans et hors de l’école. J’accompagne les enfants, les jeunes. Je les aide à gagner en confiance, à retrouver la motivation. J’accompagne les parents en quête de sens et de positive attitude avec leurs gamins, ces parents qui savent qu’ils ne souhaitent plus faire comme avant, qui ne souhaitent plus la réussite de leurs enfants ou de leurs adolescents à tout prix (quel qu’en soit le prix) et désireux de sortir d’un schéma éducationnel oppressant. J’accompagne mes collègues profs. Je les sensibilise, les informe et les forme à une pédagogie plus humaine, chaleureuse et empathique. Voilà pourquoi j’ai décidé de partir et de perdre mon poste, de ne plus enseigner, pour devenir… ACTIVATRICE DE JOIE A L’ ÉCOLE. Quoi ? C’est un métier ça ? Oui, découvrez-le dans mon prochain article.